Harpiste… Artiste…

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Deux mots si semblables, pourquoi devraient-ils avoir un sens différent? Incapable de les départager, Laure Genthialon a choisi d’embrasser leurs diverses significations pour en tirer toutes les possibilités.

A l’aube, tout est encore confus. Entre musique, danse, ou même les plaisirs des arts plastiques, il est difficile de choisir entre toutes les cordes de son arc.

Puis le matin s’installe, et il faut bien se concentrer sur une de ces cordes. Après des années d’études à la Haute Ecole de Musique de Genève, Guildhall School of Music & Drama et Trinity Laban à Londres, le travail de la harpe reste chaque jour un plaisir constant pour chercher toujours plus de nuances, d’expressivité, de couleurs… Grâce aux conseils si précieux de Gabriella Dall’Olio, bien plus qu’une simple professeure de harpe, Laure obtient un Master in Fine Arts en 2015, puis un Postgraduate Artist Diploma en 2016. Ces années de formation lui permettent aussi de développer sa passion pour l’orchestre, intégrant de nombreux orchestres de jeunes, dont le prestigieux Gustav Mahler Jugendorchester en 2015.

Mais il est déjà midi, et temps d’épicer un peu les expériences de la musique classique grâce au concourt d’autres arts. Passionnée de danse depuis toujours, Laure développe des projets qui combinent cet art à la pratique instrumentale. Son mémoire de master « The Dancing Musician/Sounding Dancer: How to combine music and dance within the same performer » n’est que le premier d’une série de projets passionnants, comme la création de Duet for 3, avec l’aide de la chorégraphe Maude Zimmerli et de la compositrice Ailie Robertson, une pièce où la harpiste danse en même temps qu’elle joue de la harpe. Mais pourquoi s’arrêter là? Pourquoi ne pas développer ce concept pour en faire un grand spectacle, ou faire du théâtre musical, ou encore jouer de la harpe à 3000m d’altitude?

L’après-midi arrive petit à petit et il faut commencer à produire et diffuser tous ces projets. Organiser un spectacle de danse contemporaine dans le grand festival londonien Resolution!, faire la publicité des concerts sur les réseaux sociaux, développer des stages de harpe en Bretagne tout en transcrivant les Ballades de Chopin pour la harpe, il faut toujours sauter d’un projet à l’autre!

C’est l’heure de la sortie des classes, et les élèves commencent leurs activités. Que ce soit au conservatoire de Carrières sur Seine ou en privé, Laure est toujours ravie de faire partager sa passion de la harpe auprès des enfants. Mais l’enseignement n’est pas le seul moyen pour faire découvrir la musique classique! Concerts scolaires, en milieu hospitalier, ou même à la prison des Baumettes à Marseille, une des expériences les plus fortes de sa carrière, Laure fait tout pour démocratiser la musique.

Le soir tombe, les projecteurs s’allument. Que ce soit sur les scènes de la Philharmonie de Paris, ou à Vittoria en Espagne, au Mariinsky de Saint Pétersbourg ou au KKL de Lucerne, Laure aime à se produire devant chaque public, que ce soit en récital solo, en musique de chambre, ou avec les nombreux ensembles avec lesquels elle collabore comme Les Dissonances, l’Alma Mahler Kammerorchester, l’Orchestre de la Suisse Romande, l’Orchestre National de Metz… Certains concerts restent à jamais gravés dans sa mémoire, comme une tournée avec Herbert Blomstedt, chef si généreux et inspirant, jouer Daphnis et Chloé avec Les Dissonances et sentir la musique de chambre de cette pièce incroyable, profiter d’un accueil incroyable après avoir joué un récital pour plus de 400 personnes dans l’église iconique de St Martin-in-the-Fields de Londres, ou tout simplement jouer au Théâtre de Beaulieu à Lausanne, en s’imaginant marcher dans les pas des danseurs du Béjart Ballet qui y évoluent chaque année.

Après toutes ces émotions, il faut bien prendre un verre avec tous ces merveilleux artistes qui, bien plus que des collègues, deviennent pour certains des amis pour la vie, grâce à qui la motivation et l’amour de la musique restent toujours présents, et avec qui de magnifiques projets se créent.

Il fait nuit maintenant, et bien que l’envie se fasse encore sentir de dévorer des romans, voir des peintures impressionnistes cachées dans les musées, ou encore savourer un gâteau au chocolat, il est temps de se coucher, car c’est en dormant que les rêves se créent.